Pierres et Marbres de Wallonie - Les 1001 vertus d’un matériau local

July 11, 2017

 

Créée en 1990 pour promouvoir les pierres ornementales de la région wallonne, en Belgique, l’association “Pierres et Marbres” rassemble une trentaine de membres. Ses adhérents sont tous des producteurs de pierres locales, spécialisés tant dans l’extraction que dans la transformation et jusqu’au produit fini. Francis Tourneur, son Secrétaire général, nous expose ses actions et ses projets.

 

 

 

Les Cahiers de l’Environnement : Qu’entendez vous par l’appellation “pierres ornementales” et quels sont les débouchés des pierres produites par vos membres ?


 

 Francis Tourneur : L’appellation “pierres ornementales” désigne toutes les roches à usage de construction, d’aménagement urbain, d’espaces verts, mais aussi la matière première dans laquelle certaines œuvres artistiques, comme des sculptures, sont réalisées. Cette appellation recouvre donc un champ très large, exception faite de la roche à destination industrielle. C’est la raison pour laquelle aucun de nos membres n’est exploitant de carrière de chaux, par exemple. Les débouchés de nos pierres wallonnes sont nombreux. Le premier, par ses volumes, est sans nul doute représenté par la voirie. Quantité de communes commandent ainsi des pierres de la région, ces applications étant caractérisées pour leur grande modularité et donc la facilité de les réutiliser. Les produits d’architecture, comme la construction de façades modernes ou classiques, incluant de la maçonnerie de moellons, sont également souvent réalisés en pierres de Wallonie, notamment grâce à la grande inertie de notre matériau, qui présente des grands avantages sur le plan thermique. J’ajoute que les produits proposés par nos membres sont également parfaits pour la décoration intérieure des maisons, comme la création de sols, d’escaliers, mais aussi lors de l’aménagement d’espaces verts et de jardins. Ces matériaux, extraits localement, s’intègrent – de fait - parfaitement au paysage local et trouvent naturellement un débouché de proximité.

 

Les C.E : Pouvez-vous compter sur le soutien des autorités wallonnes pour encourager votre

 

développement ?


F. T : Les pouvoirs publics régionaux ont pris la mesure de l’importance de notre mission et encouragent financièrement notre action depuis plus de 25 ans. De la même façon, nous pouvons compter sur le soutien de l’Agence à l’exportation, l’activité à l’export de nos membres étant réelle et s’inscrivant dans un proche périmètre de la Wallonie (France, Pays-Bas, Länder frontaliers de l’Allemagne…).

 


Les C.E : Existe-t-iI un “profil type” de vos adhérents ?


F.T : Absolument pas ! Nos adhérents sont des carrières productrices de pierres ornementales wallonnes. Leurs tailles sont extrêmement hétérogènes. Ainsi, notre plus grande carrière emploie plus de 400 personnes, soit la moitié des emplois régionaux. La deuxième, près de la moitié des effectifs de la première… Ce qui signifie que les deux premiers membres occupent, à eux seuls, 75% des compétences locales. Mais nous n’oublions pas pour autant l’importance des adhérents plus modestes, donc l’action reste de premier ordre dans le développement de l’activité sur le plan local.


Les C.E : Quelles actions mettez-vous en œuvre pour promouvoir vos matériaux ?

 


F. T : Historiquement, l’association est connue pour éditer, au format papier, des publications mettant en exergue l’importance du recours aux pierres locales dans la préservation du patrimoine wallon et de l’écosystème local. La communication informatique est aujourd’hui également un moyen indispensable. Outre ces supports informatifs, “Pierres et Marbres” participe à de nombreux événementiels en lien avec la construction et / ou la pierre naturelle, comme les salons Batibouw à Bruxelles, ou Batimat à Paris. L’association est à l’origine de la création de six analyses complètes de cycles de vie de produits destinés au bâtiment ou à la voirie. Ces analyses ont été déclinées en fiches de déclaration environnementale, à destination des maîtres d’œuvre publics.

 

Leur objectif : les aider à intégrer aux cahiers des charges, des clauses favorisant le recours aux matériaux issus de circuits courts, dans le cadre de la création d’un immeuble public ou d’une opération de voirie, par exemple. Mais il s’agit d’une mission de longue haleine, initiée il y a longtemps, que nous espérons voir appliquée à compter de cette année…


S’agissant du grand public, nous avons également mis en œuvre une série d’actions de communication destinées à promouvoir l’intérêt de recourir à la pierre locale dans toute construction ou rénovation de maison individuelle, mais aussi d’aménagement de jardin. Ainsi, à l’instar des pratiques répandues dans le domaine agro-alimentaire, nous avons instauré, comme nos homologues du bois l’ont fait avant nous, une marque collective déposée pour le Bénélux, “Pierre Locale”. Un logo et des sites connexes ont également été créés. Enfin nous envisageons, avec l’Office économique wallon du Bois, de concevoir une opération commune appelée “Matériaux naturels locaux”, puisque nos deux matériaux, complémentaires mais non concurrents, interviennent naturellement dans le cadre d’opérations constructives ou de rénovation.

 

 

Les C.E : Poursuivez-vous également une mission de formation aux métiers de la pierre ?

 

F. T : A la fin 2016 a été créé le Pôle de la Pierre, en Wallonie, qui dispense notamment des formations couvrant tous les métiers de la pierre, de l’extraction à la mise en œuvre, en passant par la transformation. Cette création est encore très récente, mais il est évident que l’association y prendra une part active. Nous pouvons d’ores et déjà mettre à disposition nos très importants fonds documentaires, qui rassemblent plusieurs milliers de documents sur l’histoire de la pierre locale, les métiers, les pratiques anciennes et contemporaines… Nous allons bien entendu étudier quels rapprochements concrets opérer avec le Pôle de la Pierre.

 

Les C.E : Quels sont spécifiquement les avantages de la pierre locale dans le domaine environnemental ?

 

F. T : Construire ou rénover une maison avec de la pierre locale, paver une rue avec de la pierre locale… toutes ces actions se déroulent par définition dans un périmètre géographique relativement restreint. L’impact environnemental global de l’opération est donc bien moindre que si vous décidiez de travailler avec des matériaux importés ou manufacturés. Par ailleurs, il est évident que, d’un simple point de vue esthétique, les pierres de pays s’intègrent, par essence, parfaitement à l’architecture locale. Les puristes, comme les amateurs d’une architecture plus contemporaine, souhaitant intégrer à leur projet une note d’authenticité, sont ainsi comblés. Enfin, et je l’avais rapidement évoqué, la pierre wallonne constitue un parfait isolant naturel. En complément de pratiques constructives actuelles, les déperditions de chaleur, par exemple, sont encore amoindries.

 

Et – ne l’oublions pas ! – acheter local, c’est faire travailler local.

 

Il y a quelques années, plus d’un millier de personnes travaillaient la pierre en Wallonie. Elles sont aujourd’hui environ 800. Chaque porteur de projet privé ou public doit ainsi se sentir investi d’une responsabilité en termes de préservation de l’activité économique régionale. Intégrer la pierre locale à son projet, c’est s’inscrire de plein droit dans cette démarche volontaire.

 

Pierres et Marbres de Wallonie

Rue des Pieds d’Alouette 11

5100 Naninne – Belgique

Tel : +32 (0)81 22 76 64

http://www.pierresetmarbres.be

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